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Le contexte historique

 

Taiwan est une île d’une superficie de 36000 km², bordée à l’est par l’océan Pacifique, au sud par la mer de Chine du Sud, à l’ouest par le détroit de Taïwan et au nord par la mer de Chine de l’Est.

Au 16è siècle, les Portugais passant au large de Taïwan la nomment l’île Formose, signifiant la « belle île ».

Au 17è siècle commence le peuplement Han (chinois).

Après les occupations hollandaise et espagnole, Taïwan est intégrée à l’empire de Chine à la fin du 17è siècle.

Suite à la défaite de l’Empire de Chine face au Japon, Taïwan est annexée à l’empire nippon en 1895, qui mènera une politique coloniale d’industrialisation forcée.

En 1945, suite à la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, l’île  est transférée à la République de Chine. L’arrivée des chinois fut accueillie au début comme une libération par les Taïwanais, mais ils durent vite déchanter. Il y avait d’une part un choc culturel entre les Chinois venus du continent et les Taïwanais qui avaient vécu sous l’occupation japonaise durant cinquante ans. D’autre part, les Chinois se comportèrent comme en territoire conquis en écartant de l’administration les Taïwanais et en s’accaparant les richesses de l’île pour subvenir à l’effort de guerre contre les communistes. Le 28 février 1947 éclatent des émeutes, réprimées dans le sang, contre le gouvernement en place : cet événement restera un sujet tabou pendant des décennies.

En 1949 et 1950, après la victoire communiste en Chine, les nationalistes, dirigés par le Général Tchang Kai-chek, se replient à Taïwan avec plus d’un million de  Chinois et l’ambition de reprendre plus tard le continent aux communistes. La République de Chine ne contrôle désormais plus que Taïwan et certaines autres petites îles. Tandis que de l’autre côté du détroit, les communistes ont proclamé en 1949 la République populaire de Chine.

Les nationalistes s’établissent à Taïwan, déclarent la loi martiale dès 1949 et imposent un régime de parti unique (Kuomintang). Pendant des décennies, règne la terreur blanche: toute opposition est sévèrement réprimée, l’élite intellectuelle taïwanaise décapitée. Les mouvements de l’opposition - les “Hors parti” -souvent d’obédience indépendantiste, se développent clandestinement.

La politique du Kuomintang procède par  la sinisation de Taïwan: le mandarin est imposé comme langue officielle, Tchang Kai-chek mythifié comme seul héritier légitime d’une tradition millénaire chinoise, et les cultures taïwanaise et aborigène totalement occultées et dévalorisées.

En 1971, la République populaire de Chine a remplacé la République de Chine à l’ONU suite à un vote des membres de l’ONU : la République de Chine de Tchang Kai-chek devient de plus en plus isolée. (Les relations diplomatiques sont rompues avec la France en 1964, avec le Japon en 1971, avec les Etats-Unis en 1979.)

Tchang Kai-chek meurt en 1975, son fils Chiang Ching-kuo devient le président en 1978. Ce dernier met en place une politique d’ouverture, en 1986 le Parti Démocratique Progressiste est créé, mettant fin au régime du parti unique tout en ouvrant les portes du pouvoir aux taïwanais de souche.

En 1987, la loi martiale est levée. En 1996 lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct, Lee Teng-hui du Kuomintang est élu. Chen Shui-bian du Parti Démocratique Progressiste, élu et réélu en 2000 et 2004, devient le premier président non membre du Kuomintang. Actuellement Ma Ying-jeou, chef du Kuomintang, est au pouvoir depuis mars 2008.

 

Economie:

Pendant les années 50, la situation de guerre froide favorise l’importante aide américaine à Taïwan, considérée comme un bastion anti-communiste, ce qui permet au Kuomintang de poursuivre facilement la politique de modernisation entreprise sous le gouvernorat japonais.

Lors des deux décennies suivantes, Taïwan devient progressivement l’usine sous-traitante des entreprises étrangères, majoritairement américaines et japonaises, permettant le décollage de l’économie taïwanaise. C’est  la période des fameux produits “made in Taïwan” que l’on trouve partout dans le monde. Cette croissance économique est considérée comme un modèle. On désigne Taïwan, la Corée du Sud, Singapour et Hong Kong comme les « quatre dragons » asiatiques.

A partir des années 80, l’économie se transforme, se modernise et accomplit une nouvelle mutation : actuellement Taïwan se spécialise notamment dans les produits informatiques.

 

Sur le plan culturel:

Pendant l’occupation japonaise, les milieux culturels taïwanais ont suivi la vogue japonaise d’occidentalisation, tant dans la littérature que dans la peinture.

Le Kuomintang a appris la leçon de la défaite en Chine: la réussite des communistes s’est faite grâce à leur réussite idéologique, en partie véhiculée par la littérature. A leur arrivée à Taiwan, le Kuomintang réprime les écrivains taïwanais, en emprisonne certains: suite à ces répressions, les écrivains se sont tus. Et dans le même temps, le gouvernement encourage une littérature nostalgique (envers la Chine patrie) et une littérature anti-communiste. Les auteurs sont des Chinois arrivés après 1949, favorisant une déconnexion complète des taïwanais de souche avec le milieu culturel.

Mais la société taïwanais n’est pas étanche au mode de vie occidental, importé notamment avec l’aide économique américaine. Les consciences littéraires se sont tournées vers les courants occidentaux: le modernisme, l’absurde, la poésie moderne...etc.

Les années 70 voient naître un courant réaliste qui a pour objet la vie taïwanaise, en particulier la vie rurale. Le courant moderniste et le courant réaliste sont considérés comme le renouveau de la littérature taïwanaise.